Les 12 plus belles plages de Majorque en 2026

En 2026, choisir une plage à Majorque ne se résume plus à pointer une tache turquoise sur la carte. Entre parkings devenus payants, navettes, sentiers balisés et zones protégées, la question n’est plus seulement poser sa serviette, mais quand et comment y aller pour que l’expérience soit douce – pour vous, et pour l’île.

Nous avons retenu 12 plages qui racontent quelque chose de vrai du littoral majorquin aujourd’hui : de longues langues de sable faites pour les familles, des criques minérales que l’on mérite après une marche, des baies portuaires où l’on vient autant pour l’ambiance que pour la baignade. Pas un catalogue, mais un itinéraire possible pour comprendre la mer de Majorque en 2026.

1. Platja de Muro, la grande plage qui aime les familles

Platja de Muro, c’est la plage qui réconcilie les parents fatigués et les enfants surexcités. Plus de cinq kilomètres de sable clair, une eau qui reste peu profonde sur des dizaines de mètres, un fond sablonneux sans surprise : ici, les tout-petits barbottent pendant que les plus grands s’essaient au paddle sous l’œil des maîtres-nageurs. Derrière, la silhouette verte du parc naturel de S’Albufera rappelle qu’on est au bord d’un des plus beaux systèmes de dunes de l’île.

Pour en profiter vraiment avec des enfants, mieux vaut caler sa journée sur la lumière : arrivée avant 9h en été, parking encore facile, plage presque calme, et une eau souvent plus claire avant que le vent thermique ne se lève. Accessible en bus TIB depuis Alcúdia ou Can Picafort et par la route depuis Palma, Platja de Muro reste le meilleur choix si vous voulez des services (douches, transats, restaurants) sans la barre d’immeubles collée à la serviette. Si vous cherchez le même confort dans un cadre plus urbain, regardez plutôt du côté du port d’Alcúdia ; sinon, restez ici.

2. Platja des Trenc, la grande plage sauvage du sud

Des Trenc, c’est la ligne droite turquoise que tout le monde a déjà vue en photo, mais qui surprend encore quand on arrive vraiment : une eau d’un bleu laiteux sur un banc de sable immaculé, des dunes blondes, l’odeur de la posidonie séchée qui rappelle que la mer vit. Malgré sa renommée, on sent encore ici ce que pouvait être la côte sud de Majorque avant les grands programmes immobiliers.

On y accède par des parkings payants à distance raisonnable de la plage, côté Campos ou Colònia de Sant Jordi, puis par des sentiers sableux entre les dunes. Officiellement, certaines sections accueillent volontiers les naturistes, mais les deux publics cohabitent sans drame. En haute saison, la ligne d’horizon se peuple rapidement de parasols : visez le début de matinée ou la toute fin de journée, surtout entre juillet et août. Avant de partir, jetez un œil aux dernières infos d’accès (navettes, capacités de stationnement) : la gestion de ce tronçon très fragile évolue d’année en année. Et, une fois sur place, la règle est simple : on ne grimpe pas sur les dunes, on ne cueille pas les plantes, on redescend avec tout ce qu’on a monté.

3. Cala Agulla, le Llevant à hauteur de serviette

Cala Agulla est cette grande anse turquoise qui fait oublier, en quelques secondes, les hôtels de Cala Ratjada voisine. Cinq cents mètres de sable doré, une pinède qui descend presque jusqu’à l’eau, des collines couvertes de maquis en toile de fond : on est dans le parc naturel de la péninsule de Llevant, mais avec juste ce qu’il faut de confort pour une journée de plage simple.

Un parking (payant en saison) permet d’arriver au plus près, et certains bus régionaux desservent Cala Ratjada d’où l’on peut finir à pied. L’été, la plage se remplit vite d’une clientèle mixte : locaux, familles allemandes, randonneurs venus par le sentier côtier. L’eau est propice au snorkeling près des rochers latéraux, les vagues restent généralement sages. Ce qui la distingue des dizaines de criques du nord-est, c’est sa taille : assez grande pour ne pas donner la sensation d’étouffer, assez préservée pour que le vert des pins domine encore le béton.

4. Cala Mesquida, dunes mouvantes et vagues joueuses

À quelques kilomètres de là, Cala Mesquida change complètement l’ambiance. La même eau claire, mais plus de vent, plus de mouvement, un grondement de vagues presque constant. Derrière la plage, un système de dunes protégé, traversé par des passerelles en bois, donne à l’ensemble un caractère un peu plus sauvage que sa voisine.

Les jours de brise forte, la baignade peut devenir sportive : drapeaux à surveiller, surtout avec des enfants ou des nageurs peu à l’aise. En juin et septembre, quand l’eau est déjà (ou encore) douce et que la fréquentation baisse, c’est l’une des plus belles scènes de fin d’après-midi de Majorque, quand le soleil tombe derrière les collines. Choisissez Mesquida si vous aimez sentir un peu de force dans la mer et marcher dans les dunes après votre bain ; pour un calme plus plat, restez sur Agulla.

5. Coll Baix, l’amphithéâtre secret de la baie d’Alcúdia

Vu d’en haut, Coll Baix ressemble à une plage miniaturisée au pied d’un immense cirque de falaises. Le chemin serpente d’abord dans une pinède, puis devient plus raide et caillouteux avant de déboucher sur une large anse de galets sombres et de sable grossier, ourlée d’une eau d’un bleu profond. Souvent, quelques chèvres vous accueillent en maîtresses des lieux.

Depuis Alcúdia, une piste mène à un petit parking informel ; comptez ensuite 30 à 40 minutes de marche, avec une dernière partie à éviter en tongs. Pas de bar, pas d’ombre, pas de réseau fiable : Coll Baix n’est pas une destination “famille avec poussette”, mais un bout de côte pour ceux qui aiment la sensation d’être loin, alors qu’on est à quelques kilomètres de complexes hôteliers. Alternative plus douce, des sorties en bateau depuis les ports voisins permettent de s’y baigner sans descendre le sentier, mais on y perd ce moment suspendu de la découverte à pied.

6. Platja de Sant Joan (La Victòria), la crique des Alcudiens

Face à Coll Baix, de l’autre côté de la baie, Platja de Sant Joan joue la carte de la petite plage de “voisins”. Une anse serrée, mêlant sable grossier et galets, une eau limpide, des fonds rocheux parfaits pour observer poissons et herbiers de posidonie, et une pinède qui offre quelques poches d’ombre en retrait. Les jours clairs, la vue file jusqu’à la péninsule de Formentor.

On y accède par une route étroite depuis Alcúdia, qui se termine sur un parking minuscule : en plein été, arriver tôt ou en fin de journée n’est pas un luxe. Une petite paillote sert de base pour un café ou un plat du jour, sans transformer les lieux en club de plage. C’est la plage à choisir après une matinée dans les ruelles d’Alcúdia ou sur le marché : courte pause salée, ambiance détendue, sans le théâtre logistique des grandes plages du nord.

7. S’Amarador & Cala Mondragó, le duo phare du parc naturel

Sur la côte sud-est, S’Amarador et Cala Mondragó forment un duo presque cinématographique : deux criques jumeelles séparées par un promontoire bas, reliées par un sentier en quelques minutes. S’Amarador, large croissant de sable pâle bordé de pins, paraît un peu plus sauvage ; Mondragó, plus resserrée, s’ouvre sur une eau d’un turquoise tendre, avec ses barques et ses rochers accessibles à la nage.

Le parc naturel encadre les usages : parkings à l’arrière, sentiers balisés, quelques restaurants et bars qui restent discrets. Comptez une courte marche depuis les aires de stationnement, rien de difficile avec des enfants qui marchent déjà. L’été, le duo attire beaucoup de monde, mais on peut toujours s’échapper en suivant les chemins côtiers vers de petites anses voisines. Si vous avez une seule journée dans le secteur de Santanyí, c’est ici qu’elle se joue : baignade, balade, et une lumière de fin de journée superbe sur les falaises claires.

8. Cala Mitjana, la crique discrète du sud-est

Cala Mitjana est petite, ramassée, presque graphique. Une anse serrée, des roches blanches taillées comme des gradins naturels, quelques pins inclinés qui se reflètent dans l’eau, et ce dégradé de turquoise au bleu profond à quelques mètres du rivage. On a l’impression d’être sur un décor miniature posé à l’écart du monde.

L’accès demande un minimum de bonne volonté : une piste, un portail à respecter, puis un sentier d’environ dix minutes à travers une propriété rurale. Pas de transats, pas de service, peu d’ombre : on vient ici avec de l’eau, un chapeau et l’envie de rester léger. La taille réduite de la crique limite naturellement la foule, mais en plein mois d’août, l’intimité se négocie mal ; privilégiez les matinées hors haute saison si vous voulez retrouver le calme que cette plage mérite.

9. Caló des Moro, Cala s’Almunia & Cala Llombards, le triangle très photographé

Ici, la réalité ressemble vraiment aux photos – mais il faut accepter le revers de la médaille. Caló des Moro, c’est ce couloir d’eau turquoise serré entre deux falaises blanches, minuscule plage au fond. Un peu plus loin, Cala s’Almunia aligne ses casetas de pêcheurs et ses échelles de bain en bois, pendant que Cala Llombards offre une vraie langue de sable, plus adaptée aux familles.

Le secteur est devenu l’un des plus surveillés de l’île : parkings minuscules, rues étroites, contrôles fréquents en été, accès parfois régulés. Les escaliers raides vers Caló des Moro et s’Almunia ne conviennent ni aux poussettes ni aux genoux fragiles. Si vous tenez à les voir en 2026, faites-le proprement : vérifiez les consignes à jour de la mairie de Santanyí, arrivez tôt, envisagez de venir hors haute saison et, surtout, acceptez l’idée que ce ne sont plus des criques “secrètes”. Pour une expérience plus détendue dans la même zone, passez la journée à Cala Llombards et gardez les deux autres pour un simple coup d’œil.

10. Es Caragol, le bout du monde des Ses Salines

Au sud de Majorque, au-delà du phare de Ses Salines, la route s’arrête mais le chemin continue. Après une marche d’une bonne demi-heure le long d’un littoral bas, on débouche sur Es Caragol : une grande courbe de sable clair, profonde dune végétalisée à l’arrière, presque aucune construction en vue, si ce n’est quelques anciens bunkers oubliés dans le paysage.

La récompense, c’est l’espace : même en plein été, on trouve toujours plusieurs mètres entre deux serviettes, et les voiliers au mouillage restent à distance respectable. La contrepartie, c’est l’absence totale de services et d’ombre ; l’aller-retour sous le soleil se prépare (eau, couvre-chef, crème solaire sérieuse). La baignade est douce les jours de mer calme, mais peut être plus sportive en cas de vent de sud. Es Caragol s’adresse à ceux qui aiment le geste de “partir à la plage” comme une petite excursion, pas comme une simple descente d’ascenseur.

11. Platja de Sóller, la baie des montagnes et du tramway

Sur la côte nord-ouest, la mer se fait plus profonde, les falaises tombent souvent directement dans l’eau. Platja de Sóller est une exception : une baie bien dessinée, encerclée de montagnes, avec une plage de sable et de gravier qui s’étire le long de la promenade. Le vieux tramway orange glisse entre les terrasses, les bateaux de pêche partent encore tôt le matin, et le soir, les lumières du port se reflètent dans l’eau sombre.

Ce n’est pas la plage la plus spectaculaire en termes de couleur d’eau, mais c’est l’une des plus faciles à vivre sans voiture : train depuis Palma jusqu’à Sóller, puis tram jusqu’au port, tout en douceur. Zone de baignade délimitée, loueurs de paddles, cafés pour prolonger le bain par un vermut : idéal avec des enfants ou pour une journée “mer” qui ressemble aussi à une balade urbain-montagne. Si vous logez dans la Serra de Tramuntana et que vous n’avez qu’une plage à faire, prenez-la.

12. Cala Figuera (cap de Formentor), la crique minérale

À ne pas confondre avec le village de pêcheurs du même nom près de Santanyí : cette Cala Figuera-là se cache au bout d’un vallon sec sur la péninsule de Formentor. Une langue de galets, une eau qui passe du vert bouteille au bleu en quelques mètres, des parois rocheuses partout autour, à peine adoucies par quelques arbustes. Quand le vent tombe, le silence est presque total, juste troublé par le cliquetis des pierres roulées par les vagues.

L’accès se fait depuis la route de Formentor, déjà spectaculaire en soi, puis par un sentier pierreux et parfois raide : chaussures fermées obligatoires, surtout à la remontée. Aucune infrastructure en bas, pas même un coin d’ombre bien franc. Ce n’est pas une plage pour planter un campement familial, mais pour ceux qui aiment l’idée d’une baignade courte, dense, dans un décor brut. Si vous hésitez entre Coll Baix et Cala Figuera pour une escapade “minérale”, demandez-vous ce que vous préférez regarder : un large amphithéâtre de falaises ou un couloir resserré vers la mer.

Comment choisir votre plage de Majorque en 2026

Entre avril-mai et septembre-octobre, l’eau est déjà agréable et la fréquentation nettement plus douce : c’est le meilleur moment pour goûter ces 12 plages sans que la logistique ne prenne le dessus. En plein été, tout devient une affaire d’horaires (lever tôt, fin de journée) et de concessions (accepter le monde sur certaines, renoncer à l’accès voiture sur d’autres).

  • Avec jeunes enfants et besoin de services : Platja de Muro, Platja de Sóller, Cala Mondragó.
  • Pour marcher un peu et sentir le côté sauvage : Coll Baix, Es Caragol, Cala Figuera (Formentor).
  • Pour l’eau carte postale et les photos : Cala Agulla, Cala Mesquida, Caló des Moro / Cala s’Almunia / Cala Llombards, Cala Mitjana.
  • Pour une ambiance plus locale : Platja de Sant Joan, certaines heures à S’Amarador.

Majorque n’a jamais eu autant de visiteurs, ni autant d’outils pour protéger ses côtes. En 2026, la plus belle plage sera souvent celle où vous accepterez de marcher dix minutes de plus, de venir un peu plus tôt, ou de repartir avec un sac de déchets en plus dans le coffre. L’île, elle, vous le rendra largement.