Snorkeling à Majorque : 12 spots pour plonger dans la vraie Méditerranée
Majorque se comprend autrement quand on met la tête sous l’eau. La lumière change, le bruit des chiringuitos disparaît, ne restent plus que le cliquetis des saupes dans les posidonies et les ombres rapides des labres entre les rochers.
Ce guide est pensé pour celles et ceux qui voyagent léger – masque, tuba, palmes – et veulent des sorties de 1 à 2 heures, pas un cursus de plongée. Nous avons sélectionné 12 spots, du sud aux îlots protégés, en fonction de quatre critères : qualité de la visibilité (souvent 20 à 30 m en saison), richesse de la vie marine, accès réaliste pour un voyageur indépendant en 2024-2025, et ambiance générale sur place.
À retenir avant de plonger : de fin avril à octobre, l’eau tourne entre 22 et 26°C, avec un pic de clarté en mai-juin et septembre-octobre. Les réserves marines (El Toro, Malgrats, Cabrera, Dragonera…) se sont encore renforcées récemment : quotas, bouées anti-ancrage, patrouilles. C’est une bonne nouvelle pour les poissons… et pour vos sessions de snorkeling à Majorque.
Les 12 meilleurs spots de snorkeling à Majorque
1. El Toro, la réserve qui donne le ton
Au sud-ouest de Majorque, face à Port Adriano, El Toro est la réserve marine qui fait changer d’échelle : ici, on comprend ce que veut dire « laisser la mer tranquille quelques années ». L’eau est d’un bleu dense, la visibilité flirte avec les 25-30 m, et les bancs de barracudas tournent comme des rubans d’acier autour des patates rocheuses. C’est probablement le meilleur spot du sud pour un premier vrai choc sous-marin.
On y accède en bateau, via les clubs locaux de Santa Ponsa ou Andratx (sorties snorkel dédiées, comptez 30–50 € pour 2 h, souvent via des opérateurs comme Howlanders ou Manawa). Niveau requis : être à l’aise en mer ouverte, palmes aux pieds, mais rien de technique. Visez le matin avant le vent thermique, entre mai et octobre, avec un shorty si vous êtes frileux. En 2025, la zone est strictement balisée : pas d’ancre sur les posidonies, pas de pêche, patrouilles régulières. En échange, vous nagez entre mérous juvéniles, saupes et castagnoles comme dans un aquarium qui aurait tourné le dos au plastique.
2. Caló des Moro, la carte postale avant 9 heures
Caló des Moro, au sud-est, c’est la crique qui sature Instagram. Mais si vous arrivez vers 8 h, masque en main plutôt que smartphone au poing, vous la verrez autrement. Le couloir étroit, encadré de falaises blondes, agit comme un piège à lumière : l’eau prend ce turquoise laiteux qui fait oublier que vous n’êtes qu’à quelques kilomètres de la MA-19. Sous la surface, relief simple mais efficace : rochers tapissés d’algues, petites grottes peu profondes, nuages de girelles et parfois un poulpe qui change de couleur contre la paroi.
Accès en 15–20 minutes de marche depuis les parkings au-dessus de Cala Llombards, sur un sentier raide et caillouteux (oubliez les tongs). Depuis les restrictions sur les bateaux privés, la baie est beaucoup plus calme en journée ; on s’y sent vraiment nageur, pas figurant dans un trafic de yachts. Idéale pour les débutants et les familles avec ados, surtout hors juillet-août. Si vous logez dans le coin, combinez Caló des Moro tôt le matin puis filez plus tard vers Mondragó ou Cala Santanyí pour retrouver un peu d’espace.
3. Cala Blava, le snorkeling de poche à deux pas de Palma
Cala Blava, sur la rive est de la baie de Palma, c’est la solution quand on veut voir des poissons sans s’enfoncer au fin fond de l’île. Un quartier résidentiel, quelques escaliers de béton qui descendent vers des plateformes rocheuses, et soudain, la baie s’ouvre : eau claire, fond rocheux, herbiers de posidonies bien dessinés, parfaits pour un repérage express de la Méditerranée majorquine.
La zone a été récemment réorganisée : bouées anti-ancrage, chenaux balisés, ce qui limite le ballet des bateaux et rend le snorkeling plus serein. On y vient en bus depuis Palma (ligne 23, une vingtaine de minutes) ou en voiture si vous acceptez de tourner un peu pour vous garer. Par mer calme, c’est un terrain de jeu idéal pour débutants, enfants et premiers essais de snorkeling à Majorque : poulpes dans les anfractuosités, bancs de saupes, parfois une petite raie se faufile sur le sable plus au large. Un bon plan pour un dernier plouf avant de reprendre l’avion.
4. Parc national de Cabrera, la clarté sous quota
Au sud de Majorque, Cabrera n’est pas une sortie « en plus » : c’est une journée entière à consacrer à la mer. L’archipel, classé parc national, limite ses visiteurs quotidiens à quelques centaines de personnes, ce qui se ressent immédiatement sous l’eau. En arrivant près de la Cova Blava ou des petites anses de la côte nord, la mer prend cette transparence presque irréelle où vous voyez les galets, 15 m plus bas, comme s’ils étaient à portée de palme.
On y accède uniquement en bateau, au départ de Colònia de Sant Jordi ou de Palma, via des excursions organisées (environ 40–60 € la journée, snorkeling inclus). La plupart des sorties prévoient un ou deux arrêts masque et tuba d’une heure, encadrés, idéals pour des nageurs intermédiaires. Réservation indispensable en haute saison : les quotas sont vite atteints entre juin et septembre. Ce qui distingue Cabrera du reste de Majorque, c’est le silence : pas de musique de plage, pas de moteur à proximité, seulement le grésillement des herbiers et, si vous avez de la chance, la lente apparition d’un mérou entre deux surplombs rocheux.
5. Cala Agulla, la pinède qui plonge dans le bleu
À l’extrémité nord-est de l’île, Cala Agulla aligne tous les clichés d’une « belle plage »… mais la vraie vie se passe sur les côtés. L’immense croissant de sable blanc bordé de pinède est parfait pour poser la serviette, mais c’est le long des falaises rocheuses, au nord comme au sud de la baie, que le snorkeling devient intéressant : fond de 3 à 10 m, tapis de posidonies, rochers habités par des bancs de castagnoles, des girelles et quelques murènes discrètes.
Le matin, avant que le vent ne se lève, l’eau est d’un turquoise presque laiteux, avec souvent plus de 20 m de visibilité. Accès simple : parking (payant en saison) à l’arrière de la plage, dix minutes de marche maximale. C’est une excellente option pour les familles : on peut alterner château de sable et exploration le long des rochers, sans logistique compliquée. Si vous hésitez entre les grandes plages du nord-est, choisissez Cala Agulla pour le snorkeling, et laissez Mesquida aux amateurs de vagues.
6. Porto Colom & Cova d’es Coloms, l’effet cathédrale
Porto Colom a gardé un air de port tranquille pendant que d’autres villages se transformaient en décors. Depuis ses quais, de petites embarcations partent en direction des grottes marines voisines, dont la Cova d’es Coloms, star discrète des snorkelers qui aiment les jeux de lumière. On entre par une bouche sombre, on s’habitue, et soudain le plafond se relève, percé de puits de lumière : sous l’eau, des colonnes rocheuses et des faisceaux bleus qui donnent vraiment cette impression de nager dans une nef inondée.
Ici, le fond descend vite à 5–10 m, mais la grotte reste largement accessible à ceux qui sont à l’aise en mer et ne paniquent pas dès que le soleil disparaît. Un guide local est vivement recommandé : pour choisir la bonne entrée selon le vent, gérer les timings de marée et assurer la sécurité du groupe. La plupart des sorties durent 1 h 30 à 2 h, équipement compris (comptez 35–50 € par personne). C’est le spot parfait si vous voulez une première expérience de grotte marine sans vous lancer dans de la spéléo aquatique.
7. Cala Santanyí & Cala Figuera, le duo tranquille du sud-est
On parle souvent de Caló des Moro, mais le sud-est se savoure aussi dans un registre plus calme, entre Cala Santanyí et Cala Figuera. La première est une plage de sable encaissée, très familiale ; la seconde, un port de pêche en fjord étroit où les barques vertes et blanches semblent posées pour toujours. Sous l’eau, les deux se complètent bien : à Santanyí, on suit les falaises vers l’extérieur de la baie, on longe des surplombs où se cachent poulpes et étoiles de mer ; à Figuera, on explore les côtés du chenal, dans une eau étonnamment claire pour un port.
Le grand avantage de ce duo, c’est son rythme. En début ou fin de journée, quand les bateaux de visite sont au repos, on peut presque tout faire à la nage depuis la plage ou les petites cales du port, sans besoin de bateau ni de long trajet en voiture. C’est aussi une excellente base de repli les jours où les criques plus « spectaculaires » sont saturées : on garde le charme du sud-est, mais dans une ambiance village, avec juste ce qu’il faut de vie marine pour occuper masque et tuba pendant une bonne heure.
8. Cala Mondragó, la leçon de posidonies en plein parc naturel
Dans le parc naturel de Mondragó, la côte est cesse de jouer à la carte postale pour redevenir un bout de littoral méditerranéen presque pédagogique. Deux criques principales, S’Amarador et Cala Mondragó, reliées par un sentier côtier de quelques minutes, encadrent un patchwork de sable, de rochers et d’herbiers de posidonies parfaitement lisibles depuis la surface. On voit clairement la limite entre le sable blanc et ces « prairies » sombres qui abritent seiches, petits poissons de roche et toute une microfaune discrète.
L’accès se fait par la route, avec un parking à l’entrée du parc (payant en saison), puis une courte marche. Idéalement, arrivez avant 10 h : l’eau est plus calme, le soleil déjà assez haut pour éclairer le relief, et les groupes organisés pas encore débarqués. Ici, on ne cherche pas le grand frisson, mais la régularité : visibilité souvent au-dessus de 20 m, fond peu profond (4–10 m), parfait pour sensibiliser enfants et ados à ce qu’ils ont sous les palmes. Et une fois la session terminée, les sentiers du parc permettent de prolonger la journée sans remettre les clés de la voiture dans le contact.
9. Isla del Sec, les épaves sous vos palmes
Au large de la côte est, Isla del Sec est un petit caillou anodin… si l’on ne sait pas ce qui repose autour. Deux épaves, posées sur un fond plus profond, servent de support à une explosion de vie sous-marine : gorgones, nuages de castagnoles, mérous timides et murènes qui se faufilent entre les tôles. En snorkeling, on ne descend pas jusqu’aux 30 m des plongeurs bouteille, mais par bonne visibilité, on devine nettement les silhouettes sombres des coques tapissées d’algues.
On y va forcément en bateau, via les centres de la côte nord-est (Cala Millor, parfois Cala Ratjada), qui proposent des sorties mixtes plongée/snorkeling. L’intérêt ici n’est pas la proximité du rivage, mais le frisson de profondeur : il faut être à l’aise en pleine eau, palmes solides, et respecter les consignes du guide. Quand la mer est d’huile et que le soleil est haut, c’est l’un des rares endroits de Majorque où l’on ressent si nettement la présence d’épaves sans bouteille sur le dos.
10. Sa Dragonera, lézards à terre, barracudas en mer
Face au petit village de Sant Elm, Sa Dragonera s’étire comme un dragon couché sur l’horizon. Sur terre, la star, ce sont les lézards bleutés qui courent entre les rochers. Sous l’eau, la réserve offre un tout autre spectacle : tombants abrupts qui plongent dans un bleu profond, bancs de barracudas qui patrouillent près de la surface, nuées de sars et de saupes le long des escarpements.
Les navettes depuis Sant Elm ou Port d’Andratx mettent une quinzaine de minutes ; beaucoup d’excursions prévoient un arrêt snorkeling dans une crique abritée de l’île. Par mer calme, les conditions sont idéales même pour des snorkelers intermédiaires, à condition de rester près de la paroi et de garder un œil sur les bateaux. C’est le genre de sortie parfaite à caler sur une demi-journée : petite rando jusqu’au phare, pique-nique, puis plongée masque sur le nez avant de rentrer. Si vous cherchez un compromis entre sensation de « bout du monde » et logistique simple, Dragonera coche beaucoup de cases.
11. Îles Malgrats, la réserve aux portes de Santa Ponsa
Les Malgrats sont deux îlots rabotés par le vent, juste en face de Santa Ponsa. De loin, on n’imagine pas que ce minuscule archipel soit l’un des terrains de jeu favoris des clubs de snorkeling de la baie. Mais une fois le bateau amarré sur les bouées de la réserve, tout s’éclaire : falaises sous-marines découpées, larges nappes de posidonies, bancs compacts de saupes qui vous entourent dès que vous quittez l’échelle.
La plupart des sorties partent de Santa Ponsa ou du Port d’Andratx, souvent via des clubs locaux ou des opérateurs comme Dream Yacht Charter pour les versions plus « voile + baignade ». Comptez 25–40 € pour 2 heures de mer, équipement compris. Niveau requis : être à l’aise en pleine eau, mais la présence du bateau à proximité rassure même les moins confiants. Si vous logez à l’ouest de Palma sans voiture, c’est probablement votre meilleure porte d’entrée vers un vrai snorkeling de réserve marine, sans passer la journée en excursion.
12. Es Trenc, le grand bain prolongé
Es Trenc, tout au sud, est avant tout connue pour sa bande de sable interminable, ses salines et son allure « plage des Caraïbes en version majorquine ». Pour le snorkeling, il faut savoir où regarder : ce ne sont pas les 2 km de sable qui comptent, mais les zones rocheuses aux extrémités, côté Ses Covetes et vers la pointe plus sauvage près des salines. Là, les herbiers de posidonies alternent avec des pans de sable blanc : un damier naturel où se promènent saupes, sars, petits labres et parfois une seiche qui se confond avec le fond.
On y accède en voiture (grands parkings payants), puis en marchant quelques centaines de mètres pour s’éloigner des accès principaux. L’eau y est parmi les plus chaudes de l’île en plein été, ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour de longues sessions lentes, masque sur le visage, sans frissonner. Visez tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand la lumière est rasante et la plage moins dense. Si vous ne deviez choisir qu’un seul endroit pour combiner longue marche sur le sable, baignade et une bonne heure de snorkeling facile, Es Trenc ferait partie des candidats sérieux.
Équipement, saisons, sécurité : l’essentiel pour bien snorkeler à Majorque
La bonne nouvelle, c’est qu’à Majorque, nul besoin d’une valise de plongée pour en profiter. Un kit simple suffit pour la plupart des spots cités, surtout entre mai et octobre quand l’eau dépasse régulièrement les 22 °C.
- Le minimum vital : masque bien ajusté, tuba avec soupape, palmes courtes. Si vous ne voulez rien transporter, comptez 8–15 € la journée de location dans les zones balnéaires (Palma, Port d’Andratx, Cala Ratjada…).
- Le petit plus confort : un shorty 2–3 mm pour rallonger les sessions au printemps et en automne, ou pour ceux qui frissonnent vite. Facile à trouver chez Decathlon España à Palma.
- La sécurité de base : ne jamais partir seul, prévenir quelqu’un à terre, utiliser une bouée de signalisation en pleine eau, surveiller vent et houle sur une appli type Windy ou Météo Baléares, et respecter les zones de baignade balisées.
- Le respect de la mer : ne pas toucher les animaux, ne pas piétiner les herbiers de posidonies, ne rien prélever, éviter les crèmes solaires agressives. Les amendes pour perturbation de la faune dans les réserves sont réelles, mais la vraie sanction, ce serait de voir ces spots s’appauvrir.
Gardez aussi en tête le rythme de l’île : très tôt le matin et fin d’après-midi sont les meilleurs moments pour allier lumière douce, mer plus calme et fréquentation raisonnable. En plein été, réservez vos excursions (Cabrera, Dragonera, Malgrats, El Toro) plusieurs jours à l’avance via les plateformes ou directement auprès des petits clubs portuaires.
Comment choisir vos spots selon votre voyage
Pour un court séjour, mieux vaut accepter de faire des choix clairs. Si vous êtes basé à Palma sans voiture, construisez votre programme autour de Cala Blava pour l’accès facile, puis d’une sortie bateau vers El Toro ou les Malgrats. Avec une voiture et deux jours devant vous, combinez un sud-sud-est (Caló des Moro + Mondragó + éventuellement Es Trenc) et un jour « îlots » (Cabrera ou Dragonera selon l’envie d’excursion).
En famille, privilégiez les plages à fond progressif et à logistique simple : Cala Agulla, Mondragó, Santanyí, Es Trenc. Pour les snorkelers déjà à l’aise qui cherchent un peu plus de relief et d’émotion, regardez du côté d’El Toro, des Malgrats, d’Isla del Sec ou de la Cova d’es Coloms. Dans tous les cas, partez léger, informé, et laissez à la mer le temps de vous raconter ce qu’est vraiment Majorque, au-delà des cartes postales.




