Le piège de Majorque en automne tient dans un mot : « automne ». Il fait croire à des journées grises, à une île qui se replie et à une mer devenue impraticable. Or, en septembre, on peut encore passer l’après-midi à Es Trenc dans une eau à 25 °C. En novembre, en revanche, réserver un hôtel-club isolé sur la côte est peut vous laisser face à une promenade vide et à des restaurants fermés.
Majorque en automne (septembre à novembre) : le guide de la meilleure saison

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La bonne nouvelle est simple : de septembre à début novembre, Majorque devient plus respirable. La mer garde la chaleur accumulée pendant l’été, les routes de la Tramuntana cessent d’être une succession de files de voitures, les prix se détendent après le 15 août et l’île retrouve une vie plus locale. La nuance, essentielle, est que septembre prolonge l’été, octobre l’améliore pour qui aime bouger, et novembre demande de choisir son point de chute avec davantage de méthode.
Ce guide aide à choisir le bon mois, le bon secteur et le bon rythme, sans vendre une arrière-saison identique à juillet. Vous y trouverez les températures utiles, le moment des vendanges à Binissalem, les activités qui gagnent vraiment à être faites hors saison et ce qui ferme concrètement lorsque novembre arrive.
L’automne à Majorque : la saison la plus agréable, à condition de ne pas viser le mauvais mois
Pour un séjour mêlant baignade, plages, villages et repas tardifs, septembre est le choix le plus confortable. Pour marcher, pédaler, conduire dans la Tramuntana et profiter de tarifs plus raisonnables, octobre prend l’avantage. Novembre convient à un séjour urbain à Palma, à une échappée en finca et à des randonnées choisies, mais pas à des vacances balnéaires classiques en station.
- Septembre : le meilleur compromis pour ceux qui veulent encore se baigner tous les jours, tout en évitant l’intensité d’août.
- Octobre : le mois le plus équilibré pour alterner mer, vélo, randonnée, gastronomie et villages, avec moins de monde et souvent de meilleurs prix.
- Novembre : une vraie parenthèse calme pour Palma, la campagne, les marchés et la Tramuntana ; il faut accepter une météo plus variable et une offre touristique réduite.
Le bon arbitrage : si votre priorité absolue est la plage, partez avant la mi-octobre. Si vous rêvez surtout de routes panoramiques, d’oliviers, de domaines viticoles et de sentiers sans chaleur écrasante, la seconde moitié d’octobre est difficile à battre. Pour novembre, ne réservez pas votre voyage comme un séjour d’été décalé : construisez-le autour de Palma, de Sóller, de l’intérieur de l’île et d’un hébergement qui reste vivant hors saison.
Températures en septembre, octobre et novembre : ce que les chiffres changent vraiment
La température de l’air ne raconte pas toute l’histoire à Majorque. La Méditerranée se réchauffe lentement pendant l’été, puis restitue cette chaleur longtemps après la rentrée. C’est pourquoi septembre et octobre peuvent offrir une baignade plus agréable que juin, même quand les matinées commencent à devenir fraîches.
- En septembre : comptez environ 27 °C en journée, avec une mer autour de 24 à 25 °C. Les soirées restent douces, mais une veste légère devient utile après dîner, surtout à Palma ou dans les villages de montagne.
- En octobre : les après-midis tournent généralement autour de 22 à 24 °C, tandis que la mer conserve environ 22 à 23 °C. C’est encore une température de baignade très crédible, particulièrement entre la fin de matinée et le milieu d’après-midi.
- En novembre : attendez-vous plutôt à 18 à 20 °C en journée. Début novembre, la mer reste proche de 20 °C ; elle convient aux nageurs habitués, beaucoup moins à ceux qui imaginent des après-midis de plage sans interruption.
Ces moyennes ne suppriment pas la météo méditerranéenne : une semaine magnifique peut être coupée par un épisode de pluie intense ou par du vent. La différence est que, hors été, on ne construit pas tout le voyage autour d’une seule plage. Gardez une journée Palma, un village de l’intérieur ou une route de la Tramuntana dans votre programme. Cela évite qu’une averse vous vole votre séjour.
La mer reste chaude, mais toutes les plages ne se valent pas en automne
En septembre, Es Trenc retrouve un peu d’espace dès le matin ou en fin d’après-midi. La plage reste très fréquentée les beaux week-ends, mais elle n’a plus la tension de juillet : moins de serviettes posées à l’aube, moins de trafic au moment de repartir. Arrivez avant 10 heures si vous tenez à une place proche de l’eau ; après 16 heures, la lumière est plus douce et l’ambiance plus calme.
En octobre, privilégiez les baies abritées plutôt que de courir après la crique parfaite. Une calanque spectaculaire peut devenir fraîche ou inconfortable dès que le vent se lève. Port de Sóller, certaines portions de la baie d’Alcúdia et les plages du sud-est sont souvent plus simples à vivre qu’une petite cala encaissée où l’on ne profite du soleil que quelques heures.
En novembre, regardez la mer comme un bonus, pas comme un contrat. Une belle journée peut donner envie de se baigner, surtout en tout début de mois, mais la plage sert davantage à marcher, lire et déjeuner face à l’eau. Le vrai luxe est alors de pouvoir repartir sans chercher une douche, un transat ou un restaurant de plage ouvert.

Septembre : l’été qui redevient respirable
Septembre est le mois à choisir si vous voulez la Majorque lumineuse, les terrasses actives et les longues baignades, sans la mécanique écrasante de la haute saison. Les journées sont encore franchement estivales, la mer est à son meilleur niveau de chaleur et l’île commence à ralentir après les semaines les plus chargées d’août.
C’est aussi le bon moment pour séjourner dans les zones balnéaires si cela correspond à votre voyage. Alcúdia, Port de Pollença, Cala d’Or ou la côte de Cala Millor restent animées, avec un choix d’hôtels et de restaurants encore large. Elles sont pratiques pour une semaine de plage, mais elles n’offrent pas toutes le même charme. Port de Pollença fonctionne bien pour combiner mer, vélo et Tramuntana ; Alcúdia est plus commode pour les familles grâce à sa grande baie ; Cala d’Or est séduisante pour ses criques mais demande une voiture si vous voulez sortir de son décor de station.
À Palma, septembre permet encore de vivre dehors sans subir l’air étouffant du cœur de l’été. Installez-vous vers Santa Catalina ou autour du marché de l’Olivar pour un séjour urbain plus vivant que les abords stricts de la cathédrale. Les ruelles de La Llotja restent belles, mais elles sont moins reposantes si votre chambre donne sur les bars et les terrasses tardives.
Erreur classique : croire que la baisse de fréquentation rend tout bon marché dès le 1er septembre. Les premières semaines gardent une forte demande, notamment sur les vols du vendredi au dimanche et dans les hébergements bien placés. Pour payer sensiblement moins, visez plutôt la deuxième moitié du mois ou partez en milieu de semaine.
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Octobre : le mois le plus complet pour marcher, rouler et bien manger
Octobre est le meilleur mois pour voir l’île autrement que depuis une serviette. L’air à 22-24 °C permet de marcher sans partir à l’aube, de rouler à vélo sans lutter contre la chaleur et de déjeuner dehors sans chercher désespérément un coin d’ombre. La mer autour de 22-23 °C garde assez de douceur pour que la baignade reste une vraie activité, pas un défi de courage.
La Tramuntana reprend alors toute sa place. Les routes entre Valldemossa, Deià, Sóller, Fornalutx et Pollença sont toujours demandées, mais elles se parcourent avec moins de nervosité. Partez tôt pour les villages les plus photographiés : Deià à 9 heures n’a pas le même visage que Deià à 13 heures, lorsque les voitures cherchent une place et que les tables se remplissent. Gardez les haltes lentes pour l’après-midi : un café à Sóller, une promenade sur le port, puis un retour avant la nuit si vous ne connaissez pas les routes de montagne.
Randonnée : l’automne remet les sentiers à la bonne température
En été, une randonnée à Majorque se planifie contre la chaleur. En octobre, elle se planifie enfin pour le paysage. Les chemins de la Serra de Tramuntana, les terrasses d’oliviers, les vues sur les falaises et les cols deviennent accessibles sans transformer chaque montée en épreuve. Cela ne dispense pas d’être sérieux : eau, chaussures à semelle solide, protection contre le soleil et vérification de la météo restent indispensables.

Choisissez des itinéraires proportionnés à la lumière disponible. En octobre, les journées raccourcissent ; en novembre, elles raccourcissent franchement. Une balade avec vue sur la côte, un chemin entre deux villages ou une boucle au départ de Sóller est souvent plus satisfaisante qu’un grand parcours commencé trop tard. La Tramuntana est magnifique, mais elle n’est pas un décor à improviser après un long déjeuner.
Pour un séjour sans voiture, Palma reste la base la plus souple, avec une excursion ponctuelle vers Sóller par le train historique. Pour une semaine de marche et de vélo, installez-vous plutôt à Port de Pollença, Sóller ou dans une finca de l’intérieur. Vous gagnerez des matinées plus calmes et vous éviterez les allers-retours inutiles depuis la capitale.
Les vendanges : Binissalem donne une raison de quitter la côte
L’automne majorquin ne se résume pas à la mer. En septembre, l’intérieur de l’île vit au rythme des vendanges, et Binissalem en est l’épicentre avec la Festa des Vermar. Cette fête des vendanges donne au village une énergie que les stations balnéaires n’offrent pas : rues animées, traditions liées au raisin et au vin, repas collectifs, défilés et une atmosphère beaucoup plus ancrée dans la vie locale.
Ce n’est pas une excursion décorative à faire entre deux baignades. Allez-y pour accepter un peu de foule, des horaires moins lisses et une vraie fête populaire. Les dates varient chaque année au cours de septembre : vérifiez le programme avant de réserver votre hébergement ou votre voiture. Binissalem est accessible depuis Palma, mais dormir dans les environs, dans une finca ou un petit hôtel rural, change l’expérience. Vous pourrez profiter du village sans regarder votre montre au moment du retour.
Associez Binissalem à Santa Maria del Camí, Alaró ou aux villages de la plaine centrale plutôt qu’à une course de plus sur votre liste. L’intérieur est moins spectaculaire au premier regard que les falaises de la Tramuntana, mais il raconte une autre Majorque : vignobles, maisons de pierre dorée, marchés, vergers et repas qui prennent leur temps.
Pour une pause gourmande, réservez plutôt qu’improviser aux horaires de déjeuner, surtout le week-end. Des adresses comme Malte The ou La Valette peuvent constituer une halte agréable dans un itinéraire construit autour de Palma et de l’intérieur ; l’important est de ne pas concentrer toute votre journée sur la route. En automne, Majorque récompense davantage les étapes longues que l’accumulation de villages cochés à la hâte.
Novembre : ce qui ferme réellement, et où dormir pour ne pas avoir l’impression d’arriver trop tard
Novembre n’est pas une saison morte à Majorque. C’est une saison plus sélective. Palma reste une vraie ville, les villages vivent toute l’année, les marchés continuent, les cafés et restaurants destinés aux habitants restent ouverts. En revanche, l’économie des stations estivales se contracte rapidement. C’est la différence à comprendre avant de réserver.
- Ce qui ferme souvent ou réduit fortement ses horaires : hôtels saisonniers en bord de mer, beach clubs, bars de plage, locations de transats, certaines excursions en bateau, activités nautiques et restaurants conçus presque exclusivement pour la clientèle estivale.
- Ce qui reste vivant : Palma, ses quartiers résidentiels, ses marchés, ses musées et ses restaurants ; Sóller et Port de Sóller, avec une activité plus calme mais réelle ; les villages de l’intérieur ; les hébergements ruraux ouverts à l’année ; les routes et sentiers, sous réserve de météo favorable.
- Ce qui devient moins fiable : compter sur un bus tardif vers une crique, trouver un dîner sans réservation dans une zone touristique réduite à quelques tables, ou réserver une excursion maritime au dernier moment.
Le mauvais choix de novembre est un grand resort loin de tout, choisi parce qu’il affiche un prix bas. Vous pouvez y gagner une chambre, mais perdre vos soirées : promenade vide, cuisine limitée, commerces fermés et voiture indispensable pour le moindre dîner. Préférez Palma si vous aimez sortir à pied, Port de Sóller si vous voulez la mer et la montagne sans isolement total, ou une finca proche d’un village vivant si vous cherchez le calme.

Alternative concrète : si l’hébergement souhaité ferme sur la côte est ou au sud-est, ne cherchez pas un équivalent ouvert à tout prix dans la même station. Déplacez votre base vers Palma pour trois ou quatre nuits, puis passez deux ou trois nuits dans l’ouest ou dans l’intérieur. Vous aurez davantage de restaurants, une meilleure flexibilité en cas de pluie et un séjour qui ressemble à l’automne majorquin plutôt qu’à un été amputé.
Comment organiser une semaine d’automne sans passer votre temps en voiture
L’île paraît compacte, mais les trajets se multiplient vite dès que l’on veut relier Palma, les criques du sud-est, la Tramuntana et le nord dans la même journée. En automne, le bon rythme consiste à choisir deux bases au maximum ou à rester à Palma avec quelques sorties ciblées.
- Pour une première fois en septembre : quatre nuits à Palma ou Santa Catalina, puis trois nuits vers Port de Pollença, Sóller ou une finca de l’intérieur. Vous combinez ville, plage, route panoramique et villages sans changer d’hôtel tous les soirs.
- Pour octobre : Palma en début de séjour, une journée dans l’intérieur autour de Binissalem si les vendanges sont en cours, puis une base dans la Tramuntana ou au nord pour marcher et rouler.
- Pour novembre : restez majoritairement à Palma, ajoutez une ou deux nuits à Sóller ou dans une finca ouverte à l’année, et gardez vos journées de randonnée flexibles selon le ciel.
La voiture reste très utile pour l’intérieur et les départs de randonnée, mais elle devient une contrainte dans les vieux centres et sur les portions les plus visitées de la Tramuntana. Ne cherchez pas à vous garer au cœur de Valldemossa, Deià ou Sóller à l’heure du déjeuner. Garez-vous à l’approche des villages, marchez les dernières minutes et gardez votre patience pour ce qui compte : la vue, le repas, la balade.
À Palma, la voiture n’apporte presque rien pendant les premiers jours. Elle ajoute du stationnement, de la fatigue et la tentation de partir trop loin. Prenez-la seulement au moment de quitter la ville. C’est plus simple, plus agréable et souvent plus économique.
Les erreurs à éviter en automne à Majorque
- Réserver novembre dans une station saisonnière sans vérifier les ouvertures. Un hôtel ouvert ne garantit ni restaurants ouverts autour, ni services, ni ambiance.
- Prévoir uniquement des journées de plage. La mer peut être excellente, surtout en septembre et octobre, mais une journée de vent ou de pluie doit avoir une alternative déjà prête.
- Confondre baisse des prix et absence de réservation. Les vols de week-end, les belles fincas et les hôtels de charme restent demandés, particulièrement en septembre et pendant les vacances scolaires.
- Faire la Tramuntana au milieu de journée sans stratégie. Même hors été, les villages les plus célèbres se remplissent. Commencez tôt, déjeunez un peu décalé et réservez les routes panoramiques pour les moments creux.
- Traiter la Festa des Vermar comme une attraction de deux heures. Binissalem mérite une journée entière, voire une nuit sur place, surtout si vous voulez ressentir la fête au lieu de la regarder depuis une voiture.
- Oublier une couche chaude. Le maillot reste utile en octobre ; une veste coupe-vent l’est tout autant le soir, en bateau, dans la Tramuntana et en novembre.
Verdict : quelle période choisir pour votre voyage ?
Choisissez septembre si vous voulez encore vivre Majorque comme une destination de mer, avec une eau à 24-25 °C et des journées autour de 27 °C, mais sans le pic d’août. Visez la seconde moitié de septembre pour commencer à sentir la baisse des prix et profiter de l’ambiance des vendanges autour de Binissalem.
Choisissez octobre si vous cherchez la meilleure version de l’île : mer encore agréable à 22–23 °C, après-midis doux, routes moins tendues, randonnées enfin confortables et hôtels souvent plus accessibles. C’est le mois le plus juste pour un premier séjour actif ou un retour à Majorque avec l’envie de ralentir.
Choisissez novembre si votre plaisir tient davantage à Palma, aux villages, aux paysages, aux tables locales et à la marche qu’à une semaine de baignade garantie. Dormez dans une zone ouverte à l’année, gardez votre programme souple et considérez la mer comme une récompense météo. Majorque n’est alors pas moins belle : elle demande simplement un voyageur plus attentif.
L’automne est donc la meilleure saison pour ceux qui préfèrent une île vécue à une île consommée. Réservez septembre pour prolonger l’été, octobre pour l’équilibre parfait, novembre pour le calme choisi – mais, dans les trois cas, construisez votre itinéraire autour de lieux qui restent réellement vivants.

Ecrit par
Julie
Rédactrice de Visiter Majorque, Julie partage ses conseils terrain pour préparer un séjour plus simple, plus local et mieux organisé sur l'île.
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